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Crise d'angoisse : que faire sur le moment, et comment éviter qu'elle revienne

Beaucoup de personnes qui poussent la porte du cabinet me décrivent la même scène. Un moment ordinaire — la file à la caisse, le tunnel sur l'autoroute, une réunion — et soudain le cœur qui cogne, la gorge serrée, les jambes en coton, l'impression très nette que quelque chose de grave est en train d'arriver. Puis, dix ou quinze minutes plus tard, tout retombe. Il reste la fatigue, la honte parfois, et surtout une question : et si ça recommençait ?

Ce qui se passe réellement dans le corps

Une crise d'angoisse (ou attaque de panique) n'est pas un dérèglement mystérieux. C'est une réaction d'alarme parfaitement normale… qui se déclenche au mauvais moment.

Le cerveau dispose d'un système de détection du danger très rapide, qui fonctionne bien avant la réflexion consciente. Quand il repère un signal qu'il interprète comme menaçant, il déclenche en cascade : accélération du cœur, respiration plus rapide, tension musculaire, afflux de sang vers les jambes. Tout cela sert à fuir ou à se battre. Le problème, c'est que dans une file d'attente, il n'y a ni à fuir ni à se battre. L'énergie mobilisée tourne à vide, et le corps produit des sensations très inconfortables.

Et c'est là que la boucle se referme : ces sensations sont elles-mêmes interprétées comme un danger. « Mon cœur s'emballe, je fais peut-être un infarctus. » « Je n'arrive plus à respirer, je vais m'évanouir. » Cette interprétation renforce l'alarme, qui renforce les sensations. La crise s'auto-alimente.

Un point rassurant, et important à entendre : une attaque de panique monte, atteint un pic, puis redescend. Le corps est incapable de maintenir ce niveau d'activation très longtemps — il s'épuise de lui-même. Elle est extrêmement désagréable, mais elle n'est pas dangereuse en soi.

Cela dit, si c'est la première fois, ou si les symptômes sortent de l'ordinaire (douleur thoracique, malaise), il faut en parler à un médecin. Palpitations, essoufflement et vertiges peuvent aussi avoir des causes physiques : thyroïde, anémie, effets secondaires de médicaments. Faire vérifier, c'est une étape utile, pas une faiblesse.

Que faire pendant la crise

L'objectif n'est pas de faire cesser la crise par la volonté — se battre contre elle l'alimente. L'objectif est de traverser en cessant d'ajouter du carburant.

Sortir de la peur d'avoir peur

Le vrai handicap, souvent, n'est pas la crise elle-même : c'est l'anticipation. On évite l'autoroute, puis le train, puis les grandes surfaces. Le périmètre de vie se rétrécit. C'est ce mécanisme d'évitement qui transforme un épisode isolé en trouble installé.

Travailler sur ce terrain-là demande de reprogrammer une association apprise : tel contexte = danger. Et c'est précisément le type d'apprentissage automatique sur lequel l'hypnose peut avoir un intérêt. En état d'hypnose, on peut revisiter mentalement les situations redoutées dans un état de calme corporel, et permettre au cerveau d'enregistrer une expérience différente. On peut aussi installer un ancrage : un geste simple, associé en séance à un état de sécurité, qui devient un point d'appui utilisable dans la file du supermarché.

L'auto-hypnose, apprise en quelques séances, prolonge ce travail à la maison. L'enjeu n'est pas de ne plus jamais ressentir d'angoisse — c'est de ne plus en avoir peur.

Selon les situations, un accompagnement en thérapie cognitivo-comportementale ou un avis médical restent tout à fait complémentaires. L'hypnose n'exclut rien et ne remplace aucun suivi en cours.

En pratique

Si les crises reviennent et commencent à dicter vos déplacements ou vos choix, il est légitime de se faire accompagner plutôt que d'attendre que ça passe tout seul. Vous pouvez prendre rendez-vous au cabinet ici pour en parler, poser vos questions et voir ce qui vous conviendrait.

Et si c'est le métier lui-même qui vous attire, les formations en hypnose Wake-Up! abordent en détail l'accompagnement des états anxieux.