Tous les articles de Wake-Up!

Douleur chronique et hypnose : ce que ça peut changer (et ce que ça ne fait pas)

Quand une douleur s'installe pour de bon, elle change de nature. Ce n'est plus un signal d'alarme utile — « attention, retire ta main » — c'est un bruit de fond qui accompagne les journées, grignote le sommeil, rétrécit les projets. Et très vite arrive une question que beaucoup de personnes n'osent pas poser à voix haute : est-ce que c'est dans ma tête ?

Non. Et c'est probablement le premier point à poser avant de parler d'hypnose.

La douleur est réelle, même quand l'examen ne montre rien

La douleur n'est pas fabriquée par le corps seul, puis transmise passivement au cerveau. Elle est construite par le système nerveux, qui reçoit des signaux, les interprète, et décide du niveau d'alerte à déclencher. Cette interprétation tient compte de beaucoup de choses : l'ancienneté du problème, la fatigue, le contexte émotionnel, l'attention qu'on porte à la zone concernée, l'idée qu'on se fait de ce qui se passe.

C'est pour cela qu'une même lésion peut faire très mal chez l'un et beaucoup moins chez l'autre. Ce n'est pas une question de courage. C'est le fonctionnement normal d'un système qui, dans la douleur chronique, s'est mis à sonner trop fort et trop longtemps — un peu comme une alarme incendie qui finirait par se déclencher pour une bougie.

Dire que le cerveau participe à la douleur ne veut donc jamais dire qu'elle est imaginaire. Cela veut dire qu'il existe un levier de plus, en complément du suivi médical, pas à sa place.

Ce que l'hypnose vient faire là-dedans

L'hypnose ne s'adresse pas à la lésion. Elle s'adresse à la façon dont le système nerveux traite le signal et à la place que la douleur prend dans la vie.

Concrètement, un travail en hypnose sur la douleur peut viser à :

Ce dernier point compte souvent autant que le reste. Beaucoup de personnes que je reçois ne demandent pas la disparition totale de la douleur : elles demandent à pouvoir dormir une nuit entière, à reprendre une marche, à assister à un repas de famille sans passer la soirée à serrer les dents.

Un usage reconnu à l'hôpital

L'hypnose n'est pas un objet exotique dans le paysage médical belge. Le CHU de Liège pratique depuis les années 1990 l'hypnosédation en chirurgie : des interventions réalisées sous hypnose combinée à une anesthésie locale, avec un recours réduit aux produits anesthésiants. Cette pratique, développée au sein du service d'anesthésie-réanimation, est aujourd'hui documentée et enseignée.

Ce n'est pas transposable tel quel à un cabinet, bien sûr. Mais cela dit quelque chose de simple : la relation entre attention, état de conscience et perception douloureuse est prise au sérieux là où l'on ne peut pas se permettre d'approximations.

Ce que l'hypnose ne fait pas

Soyons nets, parce que le sujet mérite de la prudence.

L'hypnose ne guérit pas une maladie, ne répare pas une hernie, ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement, ni un suivi spécialisé. Une douleur nouvelle, qui change de caractère ou qui s'aggrave, se fait examiner par un médecin — toujours, et d'abord.

Elle ne supprime pas non plus l'alarme d'un coup de baguette. Les résultats varient d'une personne à l'autre, demandent en général plusieurs séances, et reposent beaucoup sur ce qui se pratique entre les rendez-vous : l'auto-hypnose apprise en séance est, pour la douleur, l'outil le plus précieux qu'on puisse emporter chez soi.

Enfin, elle n'a rien à voir avec un spectacle. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous gardez le contrôle. C'est un travail actif, pas une mise en veille.

Si vous vivez avec une douleur persistante

Le bon réflexe est de construire un accompagnement à plusieurs pieds : le suivi médical d'abord, et à côté, ce qui aide le système nerveux à redescendre en régime d'alerte — mouvement adapté, sommeil, et, pour qui s'y retrouve, un travail en hypnose.

Si vous souhaitez en parler, vous pouvez prendre rendez-vous au cabinet ici. Nous regardons ensemble ce qui est réaliste dans votre situation, sans promesse que je ne pourrais pas tenir.

Et si la lecture vous donne plutôt envie d'apprendre à accompagner vous-même, c'est une autre porte : la formation. Vous pouvez nous contacter via wake-up.lu pour en discuter.